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| = césure
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Marceline DESBORDES-VALMORE
POÉSIES
1830
POÉSIES DIVERSES
LE BAL DES CHAMPS
OU
LA CONVALESCENCE
Un bruit de fête⎟ agitait mes compagnes ; 4+6 a
Sous leurs plus frais atours⎟ je les vis accourir, 6+6 b
Elles criaient :⎟ « Viens, le bal va s’ouvrir ; 4+6 b
Viens, nous allons au bal,⎟ et tu nous accompagnes. » 6+6 a
5 « Quoi ! dans les champs ?⎟ Quoi ! dans ce beau jardin, 4+6 a
Plus beau, plus vert,⎟ plus bruyant à cette heure, 4+6 b
Si gai le soir,⎟ si triste le matin ? 4+6 a
Car le matin⎟ je sais que l’on y pleure ! 4+6 b
Quoi ! vous voulez⎟ que je suive vos pas, 4+6 a
10 Si faible encore ?⎟ Oh ! je ne danse pas ! 4+6 a
Non, dis-je, non.⎟ » Mais elles m’entourèrent ; 4+6 a
De fleurs, de nœuds⎟ en riant me parèrent ; 4+6 a
Et rendue en espoir⎟ à l’air pur des vallons, 6+6 a
Riante aussi,⎟ je répondis : « Allons ! » 4+6 a
15 Oui, cette fête⎟ avait pour moi des charmes ; 4+6 a
Oui, j’appelais des champs⎟ les suaves couleurs ; 6+6 b
Car le zéphyr⎟ errant parmi les fleurs 4+6 b
Est salutaire aux yeux⎟ où se cachent des larmes. 6+6 a
Mais je dis mal,⎟ non, je ne pleurais plus ; 4+6 a
20 J’étais de mille maux,⎟ de mille biens perdus, 6+6 a
Trop lentement⎟ mais à jamais guérie. 4+6 a
Hélas ! on meurt longtemps⎟ lorsque l’on fut trahie ! 6+6 a
Je renaissais,⎟ j’osais vivre pour moi, 4+6 a
Pour l’amitié⎟ de ces beautés aimantes ; 4+6 b
25 À me parer,⎟ j’aidais leurs mains charmantes ; 4+6 b
J’étais mieux. Oui, ma sœur,⎟ je le voyais en toi. 6+6 a
Dans tes regards émus⎟ qu’il m’était doux de lire, 6+6 a
Quand tu revis des fleurs⎟ couronner mes cheveux ! 6+6 b
Tes tristes souvenirs,⎟ ton vague espoir, tes vœux, 6+6 b
30 Ma sœur, je voyais tout⎟ à travers ton sourire ! 6+6 a
« Regardez-la,⎟ disais-tu, qu’elle est bien ! 4+6 a
Que manque-t-il⎟ à son teint ? Quelques roses ; 4+6 b
Et le grand air,⎟ le bruit, qui sait ? un rien 4+6 a
Peut tout à coup⎟ les y répandre écloses. » 4+6 b
35 Je t’écoutais,⎟ je ne sais quel pouvoir 4+6 a
M’aidait à fuir⎟ ma retraite profonde ; 4+6 b
Je devançais l’instant⎟ qui me rendait au monde, 6+6 b
À ce monde entrevu,⎟ que je voulais revoir. 6+6 a
Et l’heure frappe,⎟ et par elle entraînées, 4+6 a
40 Nous avançons⎟ deux à deux enchaînées. 4+6 a
D’harmonieux échos⎟ promènent dans les airs 6+6 a
L’enchantement⎟ des nocturnes concerts ; 4+6 a
Le jour fuyait,⎟ mais mille autres lumières 4+6 a
Sur mes yeux éblouis⎟ font baisser mes paupières. 6+6 a
45 Il me semblait,⎟ — oh ! quel doux sentiment ! 4+6 a
Ciel ! pardonnez⎟ à l’orgueil d’un moment ! — 4+6 a
Il me semblait,⎟ dans ma reconnaissance, 4+6 a
Que tout daignait sourire⎟ à ma convalescence. 6+6 a
Les yeux fermés⎟ j’accueillis cette erreur ; 4+6 a
50 Tout caressait⎟ mon innocente ivresse ; 4+6 b
Autour de moi,⎟ je sentais le bonheur, 4+6 a
Et le bonheur⎟ ressemble à la tendresse. 4+6 b
Mais on nous suit…⎟ mais j’entends une voix, 4+6 a
Que dans mon cœur⎟ j’entendis autrefois : 4+6 a
55 Je crois rêver,⎟ je l’espère… et ma vue 4+6 a
Passe en tremblant⎟ sur l’image imprévue. 4+6 a
Aimable sœur,⎟ ce fut encor ta main, 4+6 a
Qui, prompte à me sauver,⎟ me montra le chemin ! 6+6 a
De ta frayeur,⎟ de ta grâce attendrie, 4+6 a
60 J’ai murmuré :⎟ « Ne suis-je pas guérie ? » 4+6 a
Et lui, peut-être,⎟ ému quelques instants 4+6 a
De me revoir⎟ languissante et penchée, 4+6 b
Comme une fleur⎟ que l’orage a touchée, 4+6 b
Dans ma pâleur⎟ il m’observa longtemps, 4+6 a
65 Mais ma fierté⎟ n’en fut point consternée ; 4+6 a
Nul changement⎟ n’a paru dans mes traits ; 4+6 b
D’un air indifférent,⎟ je me suis détournée… 6+6 a
Hélas ! j’ai cru que je mourais ! 8 b
mètre profils métriques : 4+6, 6+6, (8)
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