Métrique en Ligne
a voyelle stable
er voyelle ambigüe
e "e" masculin
e "e" féminin
e "e" élidé
e "e" ignoré
e "e" écarté
12 longueur métrique
6-6 mètre
DES_1/DES148
Marceline DESBORDES-VALMORE
POÉSIES
1830
POÉSIES DIVERSES
LE BAL DES CHAMPS
OU
LA CONVALESCENCE
 Un bruit de fête│agitait mes compagnes ; 4+6 a
Sous leurs plus frais atours│je les vis accourir, 6+6 b
 Elles criaient :│« Viens, le bal va s’ouvrir ; 4+6 b
Viens, nous allons au bal,│et tu nous accompagnes. » 6+6 a
5  « Quoi ! dans les champs ?│Quoi ! dans ce beau jardin, 4+6 a
 Plus beau, plus vert,│plus bruyant à cette heure, 4+6 b
 Si gai le soir,│si triste le matin ? 4+6 a
 Car le matin│je sais que l’on y pleure ! 4+6 b
 Quoi ! vous voulez│que je suive vos pas, 4+6 a
10  Si faible encore ?│Oh ! je ne danse pas ! 4+6 a
 Non, dis-je, non.│» Mais elles m’entourèrent ; 4+6 a
 De fleurs, de nœuds│en riant me parèrent ; 4+6 a
Et rendue en espoir│à l’air pur des vallons, 6+6 a
 Riante aussi,│je répondis : « Allons ! » 4+6 a
15  Oui, cette fête│avait pour moi des charmes ; 4+6 a
Oui, j’appelais des champs│les suaves couleurs ; 6+6 b
 Car le zéphyr│errant parmi les fleurs 4+6 b
Est salutaire aux yeux│où se cachent des larmes. 6+6 a
 Mais je dis mal,│non, je ne pleurais plus ; 4+6 a
20 J’étais de mille maux,│de mille biens perdus, 6+6 a
 Trop lentement│mais à jamais guérie. 4+6 a
Hélas ! on meurt longtemps│lorsque l’on fut trahie ! 6+6 a
 Je renaissais,│j’osais vivre pour moi, 4+6 a
 Pour l’amitié│de ces beautés aimantes ; 4+6 b
25  À me parer,│j’aidais leurs mains charmantes ; 4+6 b
J’étais mieux. Oui, ma sœur,│je le voyais en toi. 6+6 a
Dans tes regards émus│qu’il m’était doux de lire, 6+6 a
Quand tu revis des fleurs│couronner mes cheveux ! 6+6 b
Tes tristes souvenirs,│ton vague espoir, tes vœux, 6+6 b
30 Ma sœur, je voyais tout│à travers ton sourire ! 6+6 a
 « Regardez-la,│disais-tu, qu’elle est bien ! 4+6 a
 Que manque-t-il│à son teint ? Quelques roses ; 4+6 b
 Et le grand air,│le bruit, qui sait ? un rien 4+6 a
 Peut tout à coup│les y répandre écloses. » 4+6 b
35  Je t’écoutais,│je ne sais quel pouvoir 4+6 a
 M’aidait à fuir│ma retraite profonde ; 4+6 b
Je devançais l’instant│qui me rendait au monde, 6+6 b
À ce monde entrevu,│que je voulais revoir. 6+6 a
 Et l’heure frappe,│et par elle entraînées, 4+6 a
40  Nous avançons│deux à deux enchaînées. 4+6 a
D’harmonieux échos│promènent dans les airs 6+6 a
 L’enchantement│des nocturnes concerts ; 4+6 a
 Le jour fuyait,│mais mille autres lumières 4+6 a
Sur mes yeux éblouis│font baisser mes paupières. 6+6 a
45  Il me semblait,│— oh ! quel doux sentiment ! 4+6 a
 Ciel ! pardonnez│à l’orgueil d’un moment ! — 4+6 a
 Il me semblait,│dans ma reconnaissance, 4+6 a
Que tout daignait sourire│à ma convalescence. 6+6 a
 Les yeux fermés│j’accueillis cette erreur ; 4+6 a
50  Tout caressait│mon innocente ivresse ; 4+6 b
 Autour de moi,│je sentais le bonheur, 4+6 a
 Et le bonheur│ressemble à la tendresse. 4+6 b
 Mais on nous suit…│mais j’entends une voix, 4+6 a
 Que dans mon cœur│j’entendis autrefois : 4+6 a
55  Je crois rêver,│je l’espère… et ma vue 4+6 a
 Passe en tremblant│sur l’image imprévue. 4+6 a
 Aimable sœur,│ce fut encor ta main, 4+6 a
Qui, prompte à me sauver,│me montra le chemin ! 6+6 a
 De ta frayeur,│de ta grâce attendrie, 4+6 a
60  J’ai murmuré :│« Ne suis-je pas guérie ? » 4+6 a
 Et lui, peut-être,│ému quelques instants 4+6 a
 De me revoir│languissante et penchée, 4+6 b
 Comme une fleur│que l’orage a touchée, 4+6 b
 Dans ma pâleur│il m’observa longtemps, 4+6 a
65  Mais ma fierté│n’en fut point consternée ; 4+6 a
 Nul changement│n’a paru dans mes traits ; 4+6 b
D’un air indifférent,│je me suis détournée… 6+6 a
 Hélas ! j’ai cru que je mourais ! 8 b
mètre profils métriques : 4+6, 6+6, (8)
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